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2015-02-17T20:08:05+01:00

L'après fausse-couche

Publié par Coralina
L'après fausse-couche

On parle peu de ce qui se passe pendant, encore moins de l'après. Hormis quelques statistiques rassurantes, du genre: "la fertilité est bien meilleure juste après une fausse-couche, 80% des femmes seront retombées enceinte dans les 6 mois après la fausse-couche, seulement 10 à 15% de ces grossesses finiront par une nouvelle fausse-couche" et bla bla bla. Là encore, je n'ai été dans strictement aucun de ces cas.

Parlons d'abord de l'après immédiat, si j'ose l'appeler ainsi. Chaque femme le vivra à sa manière, d'ailleurs d'une FC à l'autre, on ne le vit pas pareil, je n'ai donc pas vocation à faire des généralités, ce n'est qu'un témoignage.

Pour ma part, physiquement, la chose s'est faite "en douceur" d'après ma gynéco. Tout s'est évacué seul, pas besoin de Cytotec (médicament déclenchant l'expulsion lorsque la FC ne se fait pas seule) ni de curetage (intervention visant à extraire les restes de l'utérus). De plus, hormis les premières minutes, je n'ai pas souffert. J'ai même eu moins mal que des règles habituelles. Ca a juste duré bien plus longtemps. Moralement, ça a été dur. J'ai eu beau essayer de me "préparer" dès la seconde prise de sang, on n'est jamais vraiment prête à dire adieu à son bébé. Même après seulement un mois. On s'en fout que ce ne soit qu'un "tas de cellule", qu'on soit "jeunes, vous avez encore le temps", que la grossesse était "récente, c'est pire quand c'est plus tard" etc etc... Tous ces "jolis" mots desquels on m'a abreuvée, je n'en ai gardé qu'un arrière goût amer, tout en comprenant qu'il faut le vivre pour en saisir la complexité. Mais, en moi, dans mon coeur, dans mes tripes, j'avais perdu mon enfant. Point. Par pitié, si l'une de vos proches passe par-là, ne lui dites pas ce genre de chose. Ne dites rien, ou que vous saisissez que perdre un enfant est une épreuve terrible et laisser-la compter sur votre soutien si elle le recherche.

Ca a été dur aussi car je n'avais mis personne (ou presque) au courant de cette grossesse, attendant là encore les trois mois fatidiques. Mon chéri savait, ainsi qu'une amie qui a également connu bien des FC et une GEU (heureuse maman de deux garçons entre temps). Je me suis donc sentie seule avec une douleur dont je ne savais que faire. J'évitais d'en parler avec mon homme pour ne pas le faire souffrir ou paraître geignarde, donc je me taisais. Je me sentais à la fois coupable (mon corps n'a pas su donner la vie), en colère (pourquoi nous?) et malheureuse. Et ça ne sortait pas. J'ai continué d'aller travailler, de rentrer, de bosser à la maison, de faire ma vie comme si ce tsunami n'y était pas passé. Un sacré leurre. Ma vie de couple a commencé à battre de l'aile, on se parlait peu, ne se comprenait pas. Il me semblait indifférent, ne montrant pas de peine particulière. Un soir, en parlant d'autre chose, ça a éclaté. On a alors compris: chacun s'était muré dans son silence souffrant pour épargner l'autre. Et puis être un homme suppose être fort, alors il ne montrait rien. Mais enfin je compris que ça l'avait démoli autant que moi. On s'est juré d'abolir tout tabou désormais et, après mon retour de couches, nous avons repris les essais. Notre couple est aujourd'hui plus fort que jamais.

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