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2015-09-14T13:52:36+02:00

Les paradoxes

Publié par Coralina

Il faut bien qu'on se le dise: la cause psycho de mon "infertilité secondaire" n'est pas une hypothèse à négliger. Avoir un enfant est depuis toujours un désir excessivement fort en moi et, poissarde hors pair, je ne suis absolument pas surprise que mon désir, tout naturel soit-il, devienne un parcours du combattant. Et si c'était moi qui, convaincue de ma malchance, bloquais tout?

Mes pensées "post FC" n'obéissent également qu'à une logique qui m'est propre. J'y songe depuis mon résultat d'hystéro. Un dialogue intérieur à base de:

"-Tu vois, tous tes examens sont bons! Tu n'es donc pas responsable de tes fausses couches, tout va bien en toi!

-Si, JE les portais, JE les ai perdus, c'est MOI la fautive"

Vous l'avez compris, mes FC, j'en porte toujours, profondément ancrée en moi, l'entière responsabilité. Je n'arrive pas à admettre qu'il puisse s'agir d'un hasard, d'un accident. Je n'ai pas su garder mes bébés en moi, bien au chaud, protégés. Les deuils sont faits, j'en parle bien plus librement, n'ai plus de crises de pleurs mais mon schéma de pensée n'a pas bougé d'un iota.

Mais le paradoxe se trouve là: je sais que tout va bien chez moi, pourtant je m'estime responsable de ce parcours sans fin. Cependant, avec mon homme, on a évoqué la dernière hypothèse à vérifier: que le problème puisse venir de lui. Avec deux grossesses en un an, il est fort probable que son spermogramme ne soit pas une catastrophe totale, surtout que mes FC ont été suffisamment précoces pour qu'on suspecte surtout une mauvaise nidation. Mais, si ses résultats s'avéraient mauvais, aurais-je l'idée d'estimer qu'il est responsable de notre combat? Non, jamais, là j'admets sans souci qu'il n'y est pour rien, que c'est un malheureux hasard et le soutiendrai au mieux. Ouais, pas très logique la fille. En même temps, j'ai toujours été comme ça: celle qui endosse toutes les responsabilités, même celles qu'elle n'a pas.

Bref, vous l'avez compris: je suis moins au fond du trou. La vie a repris son cours, j'attends moins impatiemment après ce nouveau ++ car je savais d'office qu'il traînerait. Mais j'envisage de plus en plus que cette foutue "infertilité secondaire" soit avant tout psychologique. J'ai également lu et vu à maintes reprises que les femmes sujettes aux FC ont eu des enfances compliquées, notamment sur le plan maternel et il est clair que j'ai eu une mère plus que défaillante, en qui je concentre énormément de ressentiment voire de haine. J'ai une image très négative de ma mère, je suis certaine que ça n'aide en rien.

Cela changera-t-il quelque chose que j'aie conscience de tout ça? J'imagine que non, je suis constamment en train de réfléchir, analyser, me remettre en question et, si cela m'aide à avancer et mieux vivre, cela n'a jamais fait apparaître comme par magie une jolie seconde barre sur un test. Le temps passe, les mois, les années, les saisons, les rires, les pleurs, les examens, les impasses et je prends toute la mesure de ce mot qui me hante: "infertilité secondaire".

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