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2015-09-11T13:26:37+02:00

Pas de quoi fouetter un chat!

Publié par Coralina

Comme promis, je vais maintenant vous narrer mon aventure hystérosalpingographique. Mais si vous voulez aller à l'essentiel, autrement dit la douleur: et bien pas de quoi fouetter un chat!

Reprenons depuis le début. Soit ce matin, 6h30. Hé oui, lever aux aurores car le cabinet fortement conseillé par ma gynéco se trouve à Paris et moi...Non. De base, en 2h d'autoroute, je peux rejoindre la capitale mais en heures pleines, j'ai proposé à mon homme (qui m'a accompagnée spontanément) qu'on prévoie une demi heure de battement. Parce que Paris c'est la m*rde. On a bien fait, je suis arrivée à 8h55 pour un rendez-vous à 9h!

Je me présente à l'accueil, la femme vérifie mon ordonnance et mon dosage HCG (à 0.5UI, ouf, moins de 4 ça passe). J'attends ensuite en salle d'attente. Les femmes se regardent du coin de l'oeil, je suis de loin la plus jeune. Je dois être blanche comme un linge, je ne me sens pas bien: stress et quadruple dose d'antibiotiques ne font pas bon ménage. Puis je suis tachycarde naturellement, ce qui fait qu'en situation de gros stress, mon palpitant carbure sec.

9h20, environ, on m'appelle. Une gentille femme m'emmène jusqu'à une petite pièce où j'enlève le bas et enfile une blouse type hôpital. Me sens mal, vertiges, j'ai vraiment hâte qu'on en finisse.

J'entre ensuite dans la salle d'examen: une grande table avec un drôle d'engin au-dessus. La femme me pose quelques questions: mon âge, si je prends des médicaments, si j'ai des règles douloureuses/régulières/abondantes. Puis les questions qui font mal:

-Vous avez déjà été enceinte?

-Oui. Deux fois.

-Combien de grossesses menées à terme?

-Aucune.

Silence. Je crois que cette scène fera partie de celles qui resteront gravées à vie. Ce silence. Je ne la regardais pas mais je sentais son regard désolé. "Aucune". Zéro pointé, pas d'enfant vivant. Elle m'a ensuite demandé depuis combien de temps on essayait. Le "presque deux ans" n'a rien arrangé à mon moral.

Elle m'a ensuite laissée attendre le médecin, une bonne dizaine de minutes. Dix minutes pendant lesquelles j'ai retenu mes larmes, regardant le plafond en me demandant pourquoi moi j'étais là. Qu'est-ce que j'avais fait pour être ici, sur cette table, dans cette pièce froide et silencieuse où résonnait encore mon "aucune", presque deux ans après avoir décidé de donner la vie. Je n'ai pas pleuré, du moins pas extérieurement. Mais j'en avais gros sur le coeur. Beaucoup de découragement et l'intime sensation que cet examen n'apporterait rien de plus que les précédents: ni réponse, ni bébé.

Le médecin est arrivé, sympathique, pro et agréable à regarder. Il m'a mise en confiance, expliqué tout ce qu'il faisait et demandé un bon nombre de fois comment ça allait. Etape 1, attraper le col. Et direct ça s'est avéré compliqué, le mien s'était planqué sur le côté, pas très coopératif. Il s'y est repris à 3 fois, déjà je me suis dit que ça allait être dur. Puis ensuite, il m'a dit qu'il allait placer la "ventouse" (là j'imaginais un gros truc pour déboucher les toilettes et me suis marrée intérieurement tout en flippant comme une malade). Il m'a prévenue que ce serait ça qui pourrait rappeler les douleurs du premier jour de règles. En effet, ça a pincé, mais j'étais loin de la torture du J1, très très loin (derrière). J'attendais la douleur intense du passage du produit, mais ne restait que ce pincement. Il m'a demandé trois fois de retenir ma respiration, je pensais alors qu'il avait du mal à positionner son débouche-chiottes mais lorsqu'il m'a ensuite fait m'allonger sur le côté gauche, j'ai compris qu'en réalité l'iode était déjà passée! Dernier cliché avant 20 minutes de repos. J'étais stupéfaite, comme lors de la pose de mon DIU, je m'attendais à des instants horribles mais en définitive, rien de méchant!

La femme m'a ensuite fait m'allonger dans une petite salle et, vingt minutes plus tard, dernier cliché.

J'ai rejoint mon homme en salle d'attente pendant une dizaine de minutes avant les résultats. Le médecin m'a prise à part, pro, clair et concis: mon utérus et mes trompes vont très bien, ce qui est une excellente nouvelle. Il m'a dit qu'on pouvait reprendre les rapports sans soucis et que les cycles à venir offraient plus de chances de réussite.

De A à Z, ça a du prendre 1h15.

Depuis, j'ai quelques petites douleurs, mais plus au niveau du col qui n'a pas du apprécier qu'on le déloge de sa planque. Quelques spottings, mais là encore je pense connaître le coupable.

En voiture, j'ai quand même lu le compte-rendu, et deux mots en haut m'ont fait un mal de chien: "prescription: infertilité secondaire". C'est très dur à lire. Secondaire ou pas, je m'en fous, le mot "infertilité" ne devrait pas exister, encore moins chez une femme qui a porté la vie, l'a sentie en elle, avant que tout s'en aille, et ses bébés et sa capacité à procréer. Je suis infertile. C'est atroce à dire, penser, et pire à admettre. Sinon j'ai aussi des " signes indirects d'adénomyose interne", mais s'il ne m'en a pas parlé, c'est que j'imagine que c'est anodin.

Je suis mitigée. Bon, l'examen en lui-même, rien de vilain, vraiment. Mais le résultat me laisse un arrière-goût de "on pourra bientôt coller l'adjectif "inexpliquée" à côté d'"infertilité secondaire". De mon côté, on a fait le tour: rien à signaler. Il ne reste plus que le spermogramme de mon chéri. Soit il est mauvais et ce n'est que le début des ennuis avec PMA, FIV ou IAC et tout le toutim. Soit il est bon et jamais nous ne sauront pourquoi le droit de donner la vie nous est obstinément refusé.

Pas de quoi fouetter un chat!

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