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2015-12-20T14:50:08+01:00

Quand tout sort

Publié par Coralina

Nous voilà partis dans les fêtes, le retour dans nos familles respectives (habitant dans la même rue, avouons que c'est bien pratique), les dîners, retrouvailles, effusions... C'est sympa même si je ne peux m'empêcher de me souvenir que l'an dernier, le 23 décembre, je tombais enceinte pour la seconde et dernière fois. Mazette, ma dernière grossesse a un an.

Hier soir, soirée chez mes beaux-parents. J'ai de la chance, ils sont très gentils, m'ont toujours beaucoup appréciée et acceptée sans le moindre souci dans leur famille, pourtant très soudée. Ma belle-mère a toujours été contente de me voir avec son fils. Hier soir, évidemment, elle me demande au détour d'une conversation quand elle sera grand-mère, si au moins on y pense. N'en pouvant plus, je lui ai répondu qu'il y a vouloir et il y a pouvoir. Gros silence dans l'assemblée. Je me suis contentée de dire "ça fait longtemps qu'on essaie, j'en ai perdu deux". Je m'attendais à rougir, me sentir mal mais non, c'est une vérité brute mais acceptée depuis longtemps. Notre infertilité ne fait plus le moindre doute, et je pense que réussir à en parler est un bon pas vers une nouvelle acceptation de la chose. Elle a réagi très calmement, m'a demandé si j'avais fait des examens, je lui ai dit que de mon côté tout était parfait, elle m'a fait un sourire gros comme ça. Mon chéri, qui ne devait pas s'attendre à ce que ça sorte, semblait très bien le prendre, peut-être que ça lui pesait de cacher cela. Il a ajouté spontanément que pour lui, on ferait l'examen en janvier. Elle m'a pris gentiment la main, m'a dit qu'elle était sure que je serai une bonne mère, que je ne devais pas m'inquiéter pour cela et aussi que je devais cesser de me dévaloriser car il est évident que son fils "m'a dans la peau". Ma belle-soeur m'a dit que si ça avait échoué c'est que ce n'était pas le bon moment, peut-être...J'ai vu qu'en parler n'a pas gêné mon chéri, peut-être même l'inverse, il devait en avoir besoin.

Je pense que parvenir à parler de ça à vive voix est un progrès. Avant, tout restait bloqué en moi, des blessures trop douloureuses pour oser ne serait-ce que les effleurer. Je faisais un blocage complet. Hors, depuis peu, j'arrive à sortir les mots, accepter les faits: j'ai perdu deux bébés, on essaie depuis deux ans, nous sommes infertiles. Une autre personne de mon entourage est touchée par ce fléau, je n'en savais rien mais on compte bien se serrer les coudes pour sortir de cette saloperie de désert aride. Après la douleur, la colère et la résignation, je suis arrivée dans l'acceptation. Mon chéri n'y est pas pour rien, il m'en parle spontanément parfois: sa foi en un avenir plus souriant, ses angoisses quant au spermogramme, la suite s'il s'avère mauvais, la suite s'il s'avère bon. Je ne pleure plus mes bébés perdus, je ne moufte plus devant les rares tests que je fais. J'attends, je n'ai plus que ça à faire. Je n'espère plus, ne m'accroche plus spécialement, j'attends...

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