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2016-01-13T12:02:47+01:00

Etre infertile, c'est...

Publié par Coralina

Etre infertile, c'est...

Apprendre le sens du mot "patience". Je suis prof, j'ai de la patience, sinon je carburerais sous anti-dépresseurs. Pourtant, quand je compare le début des essais (déjà inquiète au C3, alors que chéri ne vivait pas encore avec moi; indifférente au C24 de louper l'ovu car on n'est plus à un mois près).

Accepter l'aide médicale. Je suis une femme pudique, qui rechigne (c'est un euphémisme) à ce qu'on la touche, la manipule, qui ne va voir le médecin quand, vraiment, il n'y a pas d'autre alternative. Mon carnet de santé est aussi vide que le cerveau de mes 6è, j'ai deux ans de retard sur mes vaccins, ma mutuelle est gagnante, avec moi. Mais depuis un an, je ne compte plus combien de fois j'ai tendu mes veines meurtries pour qu'on me pompe mon sang, je me suis montrée à poil pour des échos/hystéros/examens gynéco. On devrait faire des cartes de fidélité médicales, je serais servie!

Connaître ce qu'est la joie mélangée à la tristesse. A chaque annonce de grossesse, chaque naissance, c'est ça qu'une infertile vit. On est à la fois ravie pour les heureux élus et tellement malheureuse d'être encore et toujours oubliée sur le bord de la route. C'est d'autant plus valable que les heureux parents sont des proches ou qu'ils étaient en essais depuis peu de temps.

Grandir, lâcher prise. On m'a toujours trouvée mature voire très précoce pour mon âge. Mais ce n'était rien, vraiment rien, face aux changements intérieurs que j'ai vécus, et vis toujours, depuis le début de nos essais. J'ai pris un recul dont je ne me serais jamais pensée capable. J'ai appris à ne plus attendre, espérer, compter, croire naïvement. J'ai appris à regarder la vérité en face, même si elle fait mal. Maintenant, je n'attends plus, j'avance, et croyez-moi, la différence est grande, seulement il faut la vivre pour la comprendre.

Tester la solidité de son couple. Avec chéri, nous sommes un couple reconstruit. Nous avons été séparés presque un an et lorsque nous avons finalement décidé de nous donner une nouvelle chance, je n'étais pas très confiante. Ma première fausse couche a failli me donner raison, c'est la pire crise qu'on ait traversée. Trop de souffrance, pas assez de recul (ce n'était que le C4, après tout). Plus que moi uniquement, c'est notre couple qui a mûri. Nous dialoguons, chacun ose exprimer ce qu'il ressent, même quand ça tombe comme un cheveu sur la soupe. Beaucoup d'hommes finiraient par lâcher parce que, mine de rien, ça pèse tout ça, surtout après deux ans. Le mien n'a fait que se montrer de plus en plus solide, présent et impliqué. Ce qui était un tabou est devenu notre quotidien. On en rit, on en parle, j'en pleure devant lui. On est soudés, jusqu'au bout.

Patience, aide, tristesse, maturité et solidité...

J'ose espérer un peu, un tout petit peu, qu'un jour, on en sera récompensés...

Etre infertile, c'est...

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