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2016-03-05T19:03:50+01:00

Infertilité et fraternité

Publié par Coralina

Une des pires choses dans le long parcours d'une infertile, c'est la solitude. Etre seule. Seule à rester le ventre désespérément vide au fil des mois, puis des années. Etre seule à ne pas serrer son nouveau-né contre soi. Seule à ne pas tenir par la main son enfant.

L'incompréhension des autres accompagne cette solitude, aussi. "Ce n'est rien, vous êtes jeunes!" (Oui, enfin ne pas concevoir à 27 ans, ça n'augure rien de bon à 35, hein). "Les fausses couches, ça montre aussi que ça marche!" (Fais-en deux, et reviens m'en présenter les bienfaits). "Soyez patients, ça marchera" (Oui, c'est vrai qu'après 26 mois de vide, nos chances de donner naissance à un enfant vivant augmentent grave, hein!) ou, le must "C'est parce que vous y pensez trop" (C'est certain que pour une femme qui n'a pas poireauté des années, qui n'en a pas perdu deux, qui n'a pas vu ses règles revenir vingt-six fois, ne pas y penser paraît plutôt facile). Toutes les infertiles en mangent au kilo de ces phrases qui témoignent fermement que, quand on ne le vit pas, on ne peut comprendre. Et, peut-être, est-ce le plus douloureux dans tout ça, cette incompréhension, venant parfois directement de nos proches. Voilà pourquoi mon choix à moi, quand mon infertilité s'est avérée (vers ma seconde fausse couche) a été de me taire. Très rare sont les personnes faisant partie de ma vie réelle à le savoir. C'est un choix que je ne regrette pas.

Je me demande souvent si, avec le seul soutien de mon merveilleux chéri, j'aurais tenu la tête (plus ou moins) haute jusque là. La solitude fait tellement mal! Je suis une femme douce, assez réservée au premier abord, mais très fraternelle. Je suis une amie fidèle, une fois que j'ai donné mon amitié (c'est ça le plus long) à moins d'une grosse crasse, on peut compter sur moi sans faille ni délai. C'est peut-être aussi pour ça que la solitude et l'incompréhension m'atteignent particulièrement.

Mais la vie n'étant pas complètement vache jusqu'au bout, au fil de mes vingt-six mois d'attente, elle a mis sur mon chemin de belles personnes. Pour la grande majorité, je ne les ai jamais rencontrées dans la vraie vie, habitant aux quatre coins de la France, de la Belgique, de l'Allemagne. Rencontrées par hasard au détour d'un forum, une simple conversation de femmes attendant bébé depuis quelques petits mois (à l'époque)... Une conversation qui, dans 80% des cas s'éteint au bout de quelques semaines. Et pourtant, on est toujours en contact, deux ans après pour les premières. En deux ans, on en a vu plusieurs enfin tomber enceintes et avoir leur bébé. On a vu plusieurs grossesses non abouties aussi. On a vu un nombre incalculable de coups de pompes au retour des règles. On a vu aussi les ventres rester vides pour quelques unes et la PMA s'annoncer. On s'écoute, on ose crier ses détresses et ses victoires, on dit les choses comme on les vit et, surtout, on est là. Je n'avais jamais connu de liens virtuels. Internet était pour moi avant tout un outil pratique, d'information surtout. Ce groupe m'épate toujours. Cette solidarité, mon dieu, c'est parfois tout ce qui peut rendre l'attente un peu moins amère. Juste savoir qu'on sera comprise si on craque, si on rencontre encore des malheurs, et aussi que nos victoires seront autant appréciées par elles que par nous-même (ou presque). On est toutes différentes, nos histoires sont différentes, nos parcours sont différents, et pourtant chacune est là, faisant bloc avec les autres. Peut-être que je suis trop sensible, mais moi je trouve ça magnifique. J'espère qu'une fois qu'on aura toutes connu enfin un beau dénouement, on ne se perdra pas complètement. J'espère que si je suis la dernière sans enfant, je ne resterai pas toute seule. J'espère qu'on y arrivera toutes, et qu'un beau jour, on s'organisera une super fiesta toutes ensemble avec nos enfants. Cette solidarité, toute virtuelle qu'elle est, fait renaître l'espoir. La combativité, mon chéri me l'insuffle, mais l'espoir et l'endurance, ce sont elles.

Depuis peu, j'ai aussi croisé le chemin dans la "vraie" vie d'une femme comme moi. On se côtoyait sans savoir qu'on traversait la même misère (en même temps, on se présente rarement du genre "Salut, moi c'est LC, infertile secondaire. Ca va sinon?") Là encore une simple conversation (en vrai cette fois) et la découverte. On se soutient mutuellement, on se suit de près à la même PMA, on se voit quotidiennement donc ça aide aussi. Un simple "ça va?" est parfois un soutien inestimable. On espère, aussi. Peut-être que nos FIV aboutiront, peut-être qu'on s'épanouira en même temps dans nos rôles de mères, que nos enfants seront copains, qu'on se remémorera tout ça en se disant que ces galères en valaient la peine...J'espère.

J'ai pourtant un mal fou à me laisser apprivoiser, à faire confiance, à m'attacher. Mais toutes ces perles laissées sur mon chemin, pour me guider comme un Petit Poucet vers un dénouement, quel qu'il soit, j'en mesure chaque jour les bienfaits et la valeur que je leur accorde.

Ca devrait être obligatoire quand on traverse le long désert de l'infertilité, une bonne dose de fraternité. Merci les filles.

Infertilité et fraternité

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catcat 28/03/2017 22:17

Salut les filles! J`ai une super nouvelle pour vous !!! La clinique ukrainienne où j’ai réaliser mon recours au pma a ouvert un burreau à Bruxelles ! Rue Rond point Schumant 6, au 5 étage cabinet 531.
Maintenant, pas besoin d’aller à Kiev pour la consultation personnelle! Donc tous les informations sont devenues plus proches et plus simple à trouver =D
Pourquoi autant des compliments pour ce centre de procréation? J’ai eu une belle expérience du fiv avec donation d’ovocytes. Après avoir perdu l’espoire dans les cliniques françaises !
Je suis attente de l’endométriose. Les trompes de Fallope obstruées ! Ce fait à été découvert par mon médecin après 1 ans d’essays inutiles de tomber enceinte. On m’a dirigé alors au centre pma à Bordeaux. Là j’ai fait trois tentatives de fiv avec mes ovocytes. Malheureusement les deux premières ont été nulles. Et la troisième tentative m’a brisé le coeur. J’ai réussi de concévoir, mais la grossesse s’est terminée par une fausse couche... Une semaine et démie du bonheure et puis c’est fini en douleur et sang.
Je n’ai meme pas tout de suite compris ce qui s’est passé. Je dormais, je me sentais bien tout ce petit temps de grossesse. Et voilà qu’en pleine nuit j’ai eu les douleurs fortes qui m’ont reveillé. Mon mari a allumé la lumière et j’ai vu plein du sang. On a appelé l’ambulence et tout ça... Les medecins, les piqures pour faire sortir tout...Tel cauchemart ! Je sais que cela arrive assez souvent aux femmes. Mais c’est une toute autre sensation quand ça devient ta réalité.
Dire que j’étais moralement tuée c’est rien ! Surtout quand j’ai appris que la qualité de mes ovocytes n’est pas assez bonne pour concevoir. En programme de donation des cellules je perderai au moins 2 ans. Je pensais souvent au don d’ovocytes. Puisque le temps passe et moi je ne deviens pas plus jeune, évidemment ! Pour les homme l’age n’est pas aussi grave que pour nous . Il est bien plus facile d’etre un père « tardive » qu’une « mère après 40 » !!!
Et oui, j’ai 43 ans et je suis devenue une mère cette anné. L’histoire de mon miracle s’est commencé avec le don d’ovocytes. J’ai décidé de la faire à l’étranger.
Je ne vois pas le sens d’attendre la donation en France. Nous avons le manque éternel des donneuses. Il n’existe aucun méchanisme qui chiosis les donneuse d’après le phénotype. Donc l’apparence de l’enfant sera en 90 pourcents différente de celle des parents. A mon avis cea cause plein des troubles psychologiques pour l’enfant et sa personalité. C’est important de ressembler physiquement à sa famille.
En suivant ce principe, je cherchais les cliniques Européenes où il existe la solution. J’ai fini par trouver un centre pma à Kiev. Là ils ont la programme de donnation des cellules d’après les paramètres physiologiques des couples. Il n’y a pas du manques des ovocytes en Ukraine, tout simplement parce que les donneuses sont rénumerées. Donc ni file d’attente, ni situations confuses pour le future de l’enfant. Et n’oublions pas qu’à 43 c’est pas dans tous les pays que je peux faire fiv don.
J’ai pris un rendez-vous dans cette clinique à Kiev..... Service clientel est merveilleux, tout en français. J’ai été acceptée pour le dossier du Fiv don. Mais moi, j’ai du aller en Ukraine pour la consultation et rdv et traitement. Maintenant c’est plus facile, puisque la consultation est possible à faire à Bruxelles.
Acceptée sans faire le file d'attente. Après le transfert j'ai eu mon +, puis la pds a prouvé le résultat. Mon niveau de HGC s'augmentait, mais j'avais toujours peur de faire une fc encore une fois.
Heureusement la grossesse se déroulait sans problèmes. Donc peu à peu j’ai plongé dans le quotidien d’une future maman. Je pouvais faire les sorties, magasins... Je me sentais en forme. Je pratiquais aussi le yoga pour les enceintes. Une grossesse merveilleuse, qui effaceait les clichés de la « grossesse tardive ».
L’accouchement se déroulait normallement. Trois jours avant d’aller à maternité je sentais les petits douleurs similaires aux douleurs des règles. Puis les contractions qui devenaient plus fréquentes. A l’arrivé dans la maternité le monitoring a motré que le col est déjà ouvert à 2 cm. Donc on m’a proposé de faire un bain. Cela a un peu réduit les douleurs. Après le bain - col à 6cm. On me pose en péridurale. J’ai prouver plusieurs poses pour accoucher... En ayant poussé 3 fois la tete du bébé apparaisse !!!! J’étais tellement heureus et étonnée :D Après que mon fils fut sorti complètement , un peu plus tard sort le placenta. Tout entier sans complications.
Le 20 novembre j’ai accouché un beau garçon Antoine. 51 cm et 3kg800 , qui aujourd’hui se porte très bien. Je suis la plus heureuse maman au monde =D Je souhaite que toutes les femmes qui veulent avoir un enfant le réussissent ! Bon chance les filles !

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