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2016-06-18T11:55:51+02:00

Un retour en force des angoisses

Publié par Coralina

Les semaines passant, les 12 SA fatidiques approchant plus qu'à grands pas, je pensais vraiment avoir pris le dessus sur mes angoisses. Certes, j'attends surtout l'écho pour me dire que, oui, tout va bien et que non, la grossesse ne s'est pas arrêtée en cours de route, mais quand même. Je voyais bien que je ne faisais plus de cauchemars, avais arrêté de me tâter les seins pour vérifier leur gonflement, que je guettais moins la présence ou non des symptômes habituels... Ca semblait aller mieux...

Mais avant-hier, j'ai pu constater la force des traumatismes des FC, de l'infertilité, de ce parcours infernal pour arriver à cette grossesse miraculeuse. Comme tous les soirs au sortir de la douche, je mets mon ovule de progestérone puis m'essuie. Et là, au milieu de pertes aussi blanches que d'habitude, je constate une minuscule pertouillle (de genre 1 mm sur 1) jaune/orangée. Mon coeur s'emballe frénétiquement, je m'assois au sol, saisie de vertiges et de bouffées de chaleur innommables. Je tremble et les larmes me montent aux yeux. Je me ressaisis et me dis qu'il faut guetter l'évolution de la chose. Au passage pipi suivant, rebelote. C'est infime, le plus gros de mes pertes est absolument clair et normal mais à chaque fois, un minuscule point orange (même pas rouge ou rose, bêtement orange). Ca me le fera trois fois ce soir-là, et plus rien. Pourtant, en une soirée, tous les scenarios horribles auront défilé dans ma tête: passer la nuit ou la journée du lendemain aux urgences (celles-là mêmes qui m'ont traumatisée pour ma FC1), qu'on me ferait une écho, qu'il serait trop petit et mort là-dedans depuis des semaines, que je passerais au bloc, souffrirais, encore, toujours. Les images défilaient, je ne pouvais rien faire contre ça. J'ai pleuré, paniqué et n'ai pu m'empêcher d'en parler à mon chéri qui, lui, est resté très zen. Il savait que ça ne ressemblait en rien au scenario des FC, il sentait au fond de lui que petit pois va très bien. Il comprenait ma panique mais restait tout à fait serein, heureusement. Mes réflexes, en moi, ont été plus rapides que ma raison: me détacher de petit pois, me dire qu'on ferait une bonne pause d'au moins un an avant de, peut-être, relancer la PMA, parce que là je n'y arriverais plus, c'était insupportable, faire ma FC si tard... Tout ça pour trois pertouilles oranges de la taille d'une miette miscoscopique.

Heureusement, ma fatigue l'a emporté la nuit qui a suivi, j'ai bien dormi. Au matin, il n'y avait rien que des pertes claires comme de l'eau. Rien n'est revenu depuis. Je n'ai pas mal, mes quelques symptômes (de plus en plus discrets, mais je suppose qu'à 12SA c'est normal) sont là. J'ai énormément relativisé, même si je reste bien plus aux aguets qu'avant cette frayeur idiote. En plus, ces jours-là, j'étais malade comme un chien, une sorte de gastro d'une violence rare. Ca a pu en remuer des choses, là-dedans...Je reste vigilante mais, contrairement au lancement de mes FC, les pertes roses/beiges/rouges n'ont aucunement suivi.

Dans ces moments-là, on ne devient qu'une montagne de traumatismes qui s'éveillent. Je n'avais plus grand chose de rationnel en moi, seulement cette conviction intériorisée depuis si longtemps que, non, je n'étais pas capable de mener à terme une grossesse. Qu'on ne connaîtrait jamais la chance d'être parents, parce que c'était écrit et immuable. J'essayais de me raisonner mais la peur submergeait tout. J'ai compris que, si ma grossesse s'arrêtait là (ou que je l'apprenais à l'écho), je serais tout simplement détruite et fort probablement incapable de reprendre les armes, encore une fois. Je serais fichue, hors jeu. Qu'une fausse couche à 11 ou 12 SA serait bien plus que ma carcasse déjà bien fragilisée n'est capable de supporter. Bref, ça m'a fait prendre conscience de deux choses fondamentales: la puissance de mes traumatismes et mon attachement déjà profond (pourtant hautement maîtrisé) à cet enfant-espoir.

Alors, oui, j'aurais pu avoir des alternatives pour me rassurer au lieu de péter intérieurement un boulon.

Alternative 1: les urgences. Celles-là où j'ai été accueillie comme une sombre merde pour ma FC1. Où l'on m'a clairement dit qu'on ne pourrait rien pour moi (même si j'avais évoqué la suspicion de GEU). Où l'on m'a fait faire pipi dans un pot qui n'a jamais été étiqueté. Où j'ai passé 5 heures dans une salle d'attente sombre au milieu de ventres tout ronds et le mien déjà si vide... De plus, je connais maintenant par cœur le déroulement d'une FC chez moi. Je ne me fie pas spécialement aux douleurs qui sont toujours apparues après les saignements (même si je me doute qu'une FC à 12SA fait bien plus mal qu'à 5). Je sais que je saignais d'abord jaune puis dès le lendemain maximum beige, rose et le surlendemain rouge. Après seulement j'avais mal. Avant-hier soir, je me suis donc d'abord dit que j'observerais l'évolution de ces microscopiques pertes avant d'en tirer des conclusions hâtives. Parce que je suis profondément traumatisée des urgences et que je n'ai pas envie de me pointer sans avoir de souci et piquer la place d'une autre qui aurait pu sauver son bébé à quelques minutes près. Niet. En plus, malgré ma panique irrationnelle, et c'est peut-être là le pire, mon gyrophare restait sagement éteint. Si, si, ma petite voix intérieure me disait qu'en rien je semblais faire une FC et qu'à ce stade, il était plus que temps de faire confiance à mon petit pois.

Alternative 2: le doppler foetal. Ce n'est pas la première fois qu'on m'en parle. Il y a des pour, il y a des contre. On en avait même parlé avec chéri il y a un bon mois. C'est vrai que sur le papier, ça vend du rêve, de pouvoir écouter le coeur de son petit habitant dès qu'on le souhaite, en poussant un profond soupir de soulagement arrosé d'un sourire béat. Oui, ça fait envie. Mais j'ai deux réticences majeures. Déjà, lors de mon écho, le gynéco de l'hôpital nous a certes montré le coeur de petit pois (que j'avais repéré bien avant, ha ha) mais ne nous l'a pas fait écouter. Selon lui, les ondes du doppler sont nuisibles au bébé, le dérangent. Là, il était trop fragile encore donc on attendrait l'écho suivante. Déjà, le doppler a pris une claque dans mon estime. Ensuite, j'ai lu je ne sais combien de sujets de mamans qui étaient en panique parce qu'un jour donné, il leur était impossible d'entendre le coeur de leur bébé. Certaines ont filé aux urgences, toutes avaient un bébé en pleine forme. Mais je comprends leur panique, vous savez maintenant qu'il m'en faut bien moins que ça, alors non merci. Je préfère attendre sagement les échos. Enfin, paraît-il que le doppler est au top de l'efficacité au moment où l'on sent bébé bouger. Dans quel cas, je n'en vois plus guère l'intérêt. Ainsi, chéri comme moi préférons mettre notre curiosité de côté pour le bien-être de petit pois et de nos nerfs, et faire comme le faisaient nos mères, attendre les échos. D'ailleurs, J-11...

Un retour en force des angoisses

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commentaires

tiph 18/06/2016 13:54

oh là! comme je te comprends! je n'ai pas eu de questionnement quant à ma fertilité, par contre j'ai fait une fausse couche lors de ma première grossesse.... et bien lors de la deuxième, qui m a donnée ma première fille il y a trois et demi aujourd'hui tout pile, j'étais très très angoissée.... surtout à l'approche des échos!
j'ai fait un nombre de visites aux urgences incroyable jusqu'au moment où je l'ai sentie bouger! je ne pense pas que dans ce cas on prenne la place d'autres mamans dont le cas est plus urgent, car il y a un triage à chaque fois, et j'ai toujours attendu looooongtemps!
bon, ce n'est pas une solution super, mais ça m a sans doute aidée!
pour ma troisième grossesse qui m a donné ma deuxième petite fille, rien de tout ça! une maman sereine!

allez, bientot tu pourras profiter plus pleinement de ta grossesse!

hâte de lire le récit de ton écho, et toujours un plaisir d'avoir de tes nouvelles!

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