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2016-07-09T13:12:38+02:00

Pourquoi un jour ça marche?

Publié par Coralina

Si l'on fait le point, qu'on parle chiffres, tout ça, le fait qu'on arrive à concevoir un bébé naturellement, sans traitement, était loin d'être acquis.

Nous étions en essais depuis 28 mois précisément. J'ai vu mes règles revenir à l'heure 26 fois. J'ai eu le droit à deux débuts de grossesses, dont le plus long a été jusqu'à 5 semaines et 3 jours (mais taux de hcg déjà bas aux bout de 4 semaines et 3 jours). J'ai donc ovulé 28 fois, 2 ovules ont été fécondés, 26 perdus. Pour la dernière période, j'ai enchaîné 16 cycles d'affilée sans grossesse. Après moultes examens, il s'est avéré que si chéri avait 5 fois plus de spermatos que la moyenne, 98% d'entre eux étaient anormaux. Donc non fécondants ou conduisant droit à la case fausse couche. On lisait parfois qu'il nous faudrait entre 10 et 20 ans pour réussir à concevoir un enfant viable.

Avec tous ces nombres à deux chiffres que l'on voit augmenter au fil des mois, les statistiques auxquelles ont se heurte, on perd espoir. JA-MAIS je n'aurais imaginé que ce 10 avril 2016 viendrait se nicher un petit pois surprise dans mon ventre si vide. J'aurais ri au nez du premier clown qui aurait osé me prédire ça. Pour moi, on était partis pour la PMA, pour des IAC qui ne fonctionneraient pas car la tératospermie était trop importante, pour attendre des mois avec des négatifs à l'appel avant d'enchaîner sur des FIV qui, peut-être enfin, nous sortiraient de ce cauchemar... En écrivant ça, aujourd'hui encore, je n'ai aucun mal à ressentir cette souffrance, ce vide, qui avaient fini par faire entièrement partie de moi, de la coquille vide que je devenais. Ce désert aride dont on ne voit pas la fin, il y a encore 3 mois et quelques, j'y étais toujours... Je n'ai pas oublié et je sais que ces 28 mois de souffrances resteront toujours tapis en moi. Evidemment que chaque jour qui passe, je savoure plus que n'importe qui cette chance infinie d'enfin porter la vie (avec toujours une part de crainte que ce soit pour mieux me l'arracher du jour au lendemain), bien entendu que ce bébé si désiré ne sentira rien de cette souffrance qui a précédé sa venue, mais je ne peux humainement pas oublier le chemin parcouru pour en arriver là.

Une question reste en suspens, comme probablement pour chaque couple infertile touché par la grâce du miracle improbable: pourquoi est-ce que ça a marché là? Ce mois-là, à la con, qui n'avait rien de particulier? Pourquoi? J'ai plusieurs petites pistes...

-Notre ami le Betaselen. Après le coup de massue du premier spermogramme, chéri et moi avons décidé de tout tenter afin d'améliorer les anomalies de ses petits soldats. Je m'étais bien renseignée en amont (pressentant déjà bien avant le résultat que le souci était là), et il a accepté sans rechigner de tenter un traitement prescrit habituellement en PMA: le Betaselen. C'est ni plus ni moins qu'un ensemble de vitamines et minéraux qui, chez de nombreux mâles infertiles, a souvent fait ses preuves. Bon, ça ne réglait pas complètement le problème mais augmentait souvent le nombre et la mobilité des soldats. Quant à l'action sur les formes atypiques, elle était moins systématique mais cela arrivait que le changement soit assez spectaculaire. Je ne sais pas s'il est l'auteur principal de notre miracle mais j'y songe plus que fortement. Quand même: pas de grossesse depuis janvier 2015. Début du Betaselen fin janvier 2016, enceinte pour de bon début avril 2016. Drôle de coïncidence, quand même...

-Tout au long de cette route sans fin, j'ai eu plusieurs phases de lâcher-prise, plus ou moins courtes, plus ou moins convaincues. Sauf que là, depuis bien deux cycles, j'avais abandonné. On était entrés en PMA, je laissais les rênes aux professionnels et ne me posais plus de questions. Je savais que ce serait long, je n'espérais plus rien de Dame Nature. Je n'avais plus de tests de grossesse dans mes tiroirs depuis deux cycles. On ne "plaçait" plus spécialement nos rapports. D'ailleurs, ce cycle, je n'étais même pas avec chéri le week-end où j'ai ovulé (c'est dire comme on s'en fichait). Je n'avais eu des rapports qu'à J-5 et -3. Je ne dis pas qu'y penser trop bloque la machine, je trouve cette idée ridicule voire insultante quand on souffre. Seulement abandonner, peut-être que, quelque part, ça a eu un impact...

-Le deuil des FC: ma première grossesse avait pris très vite. Quatre cycles et c'était dans la poche. A l'époque, j'avais encore l'innocence et les espoirs de la débutante, pensant que du jour où je serais enceinte, ce serait gagné. Bon, dès la première prise de sang, j'ai eu un sale pressentiment, et le cauchemar qui a suivi fut très dur. Cette première fausse couche a profondément modifié et ma personne, et mes représentations des essais bébés. Le deuil a été très long, j'ai souffert moralement plus que je ne l'aurais imaginé. Et, pour moi, ce n'est pas un hasard si la grossesse suivante a pris précisément neuf mois plus tard... La seconde FC, je l'ai vécue tout à fait différemment. Moins de douleur morale, mais une colère et un abandon considérables. Je suis passée de "je n'ai pas de chance" à "je ne suis pas capable de donner la vie". Je suis devenue femme stérile, tueuse de bébés, et j'en passe... Le travail de deuil a probablement été plus rapide, mais je suis passée dans une peur quasi phobique de retomber enceinte. Je ne voulais plus porter la mort, savais que je ne le supporterais pas une fois de plus. J'ai eu des tests douteux entre temps, qui m'ont terrorisée. Je n'étais mentalement pas prête, trop blessée vive, trop traumatisée. Quand ai-je enfin enterré tout ça? Je n'en sais rien vu qu'ensuite j'ai lâché l'affaire. Seulement, ce 25 avril où j'ai testé positif, je n'ai pas eu aussi peur qu'auparavant. Oui, j'ai vécu le 1er trimestre dans une angoisse nettement supérieure à une femme lambda au parcours immaculé, mais j'aurais pu le vivre dans une terreur bien pire... Maintenant, même si au fond de moi j'ai toujours peur que ce soit un rêve dont la réalité saura bien vite me réveiller, je suis plutôt sereine. J'ose enfin croire que ce petit bout sera parmi nous d'ici six mois. Je pense que si j'étais retombée enceinte bien plus tôt, je ne l'aurais pas vécu pareil, moins bien, fort probablement. Parce que, tout simplement, je n'étais pas encore prête...

Ca peut paraître idiot de revenir sur tout ça alors que je suis maintenant enceinte de 15 SA (demain), que ça roule, que mes risques de fausse couche sont devenus infimes, que cette grossesse semble absolument normale. Oui, c'est peut-être bête. Mais j'ai besoin de comprendre les choses pour avancer sereinement, j'ai toujours été comme ça. Puis je pense toujours à celles qui rament encore en plein désert, j'essaie donc, à ma manière, de leur donner des pistes...

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commentaires

Germangirl 21/07/2016 08:40

coucou.. et oui.. pourquoi.. on va dire que je suis en pleine Phase d abandon et de résignation..

C31... ce Chiffre ne m'evoque plus rien... si je commenc eà réfléchir à toute la souffrance et les larmes qui se Cachent derrière ce '31' je m'effondre et ne me relève pas...

c 'est quoi le betaselen? jamais entendu parlé.. bisous

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