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2016-09-11T14:55:53+02:00

Vivre une grossesse après des fausses couches

Publié par Coralina

Plus j'avance dans ce miracle qu'est la grossesse, plus je me compare à d'autres femmes enceintes, en particulier celles qui ont eu l'immense chance d'y parvenir sans obstacle (ni FC, ni infertilité), plus je sens que je la vis différemment... Pas moins bien, sans doute pas, ni mieux. Différemment.

Je ne reviendrai pas sur le test positif. Celui qui, chez beaucoup de femmes "normales", doit aboutir au "chériiii, je crois que je suis enceinte!" à des tas d'annonces tellement belles et inédites, pleines de joies et de promesses futures. Ici, le test ne m'a pas arraché de sourire sur le coup, ni pour autant d'angoisse folle. Je n'étais pas spécialement dans la peur, seulement dans une attente bien différente d'une femme lambda. L'annonce à mon homme fut assez platonique, je savais bien que, lui aussi, il serait dans l'attente.

Les échographies m'ont aussi fait un effet différent, je pense. Chaque femme y va forcément avec une petite pointe d'appréhension, on sait toujours, même sans l'expérimenter, qu'aucune grossesse offre une garantie complète d'arriver à terme sans encombre. Mais moi, chaque visite à l'hôpital me mettait dans un climat d'angoisse indescriptible, surtout au 1er trimestre. Rien que l'odeur de l'hôpital, elle, me fait remonter des souvenirs très durs de ma première fausse couche. Je ne peux m'en empêcher. A chaque écho, chaque visite chez la sage-femme, une seule question "sera-t-il toujours en vie"? En voyant les autres ventres ronds dans la salle d'attente, j'avais cette désagréable sensation d'épée de Damoclès au-dessus de ma tête, que les autres n'avaient pas. Pour moi, j'étais constamment en danger, pas elles. Parce que ma grossesse me semblait (et me semble encore) bien trop belle pour être vraie et durable.

Ce tournant fut aux premiers mouvements perçus. Enorme coup de chance, je les ai sentis tôt, pour une primipare, 17SA+3, franchement, j'étais servie! Ces mouvements m'ont permise de ne plus me demander continuellement si je portais la vie ou la mort. J'ai moins guetté mes pertes, d'ailleurs j'ai eu moins mal aussi, comme si j'avais (sans le savoir) vécu contractée sans cesse, de peur que tout s'arrête...

Depuis, je savoure ma chance d'avoir une crevette dynamique. Je n'ai jamais passé de longues journées sans la sentir, j'en suis loin! Mais, même si je sais qu'elle va bien, la sentir me rassure probablement bien plus qu'une femme normale. Chaque petit coup sonne comme un "tout va bien maman, je suis en vie". D'ailleurs, quand je ne l'ai pas sentie depuis un moment et que je pose la main sur mon ventre, c'est très fréquent qu'elle me donne un petit coup, juste un, comme un signal que je peux me détendre. J'ai lu qu'une future maman se projette forcément une image d'un bébé fantasmé. Ca m'a surprise, que ce soit chéri ou moi, on n'imagine rien. Même depuis qu'on sait que c'est une fille, je ne l'imagine pas. J'ai des clichés, elle est jolie, mais je n'imagine pas une blonde ou une brune, un bébé calme ou une agitée, une câline ou une indépendante... On n'attend qu'une chose: un bébé vivant et en bonne santé. C'est déjà plus que nos espérances.

La sollicitude des gens me gêne un peu. La femme enceinte, par son ventre rond, devient le centre de l'attention. C'est naturel et je le comprends bien. Mais quand on me plaint, comme au travail, ou même mon chéri, ça me gêne. Je n'ai aucunement à me plaindre parce qu'être enceinte est juste une chance monumentale que je n'espérais plus. Je pourrais souffrir de tous les maux du monde que je ne dirais rien. Quand on me demande comment je vais, même crevée, cernée, avec un mal d'estomac de fou et la sciatique qui coince, je dirais que ça va car Elle va bien. D'ailleurs, je parle plus d'elle que de moi quand on m'interroge. "Elle bouge beaucoup, elle semble aimer quand je mange, elle ne me fait pas vivre une grossesse difficile." Je suis arrêtée car elle est trop basse et pourrait faire rétrécir le col, et non pas car je risque d'accoucher trop tôt si je reste trop debout. Je pense à me reposer, pour elle. Quand je m'assois ou m'allonge, je touche mon ventre pour savoir où elle est. Je ne me demande pas si je suis mieux ainsi (d'ailleurs, la position allongée m'est de plus en plus pénible).

Je ne me plains pas, n'estime pas vivre une grossesse plus dure, bien au contraire. Chaque semaine passée, mouvement senti, c'est une immense victoire pour moi, pour nous. Je savoure chaque jour qui passe, m'en fiche des bobos qui s'accumulent. Je sais déjà que sa naissance (pas préma, pitié) sera plus qu'une consécration, ce sera un vrai miracle de la vie. Je me sens comme touchée par une grâce qui n'a pas de prix.

Vivre une grossesse après des fausses couches

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commentaires

tiph 11/09/2016 21:43

bonjour,
une seule fausse couche à mon actif, lors de ma première grossesse, mais je comprends très bien ce que tu décris! (je n'ai pas eu la "chance" de la sentir bouger aussi tôt par contre)

tu as une très jolie silhouette en tous cas!

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