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2017-01-02T11:22:13+01:00

L'arrivée en fanfare de Léna

Publié par Coralina

On en lit, des choses, sur l'accouchement...

perte du bouchon muqueux, ventre qui descend, frénésie du ménage, contractions régulières mais espacées qui se rapprochent au fil des heures, long travail, etc...

Vous allez constater par vous-mêmes que la naissance de mon petit miracle Léna a déjoué toutes ces statistiques. Je précise que je prenais quotidiennement de la tisane de feuilles de framboisier depuis les 37 sa et je pense sincèrement qu'elle a joué un rôle majeur dans le récit qui va suivre.

Nous sommes le 29 décembre, journée qui commence comme toutes les autres, je n'ai toujours pas dit coucou à mon bouchon muqueux, mon ventre semble bien haut et le monitoring de contrôle de la veille n'a rien révélé de spécial, une activité contractile banale à 39 sa passés. Je me vois déjà aller à terme.

Je fais donc ma petite vie quand, à 15h, je sens une petite contraction. Rien de bien méchant, je n'y prête même pas attention. J'en ai depuis des semaines des comme ça, elles sont irrégulières, vont et viennent, on cohabite elles et moi. Sept minutes plus tard, ça recommence. Puis encore 6-7 minutes après. Je ne m'affole aucunement,  ce sont tous les signes d'un faux travail: c'est trop rapproché et peu douloureux pour un tel laps de temps. Je fais tranquillement du ballon, il atténue souvent bien ce type de douleur. Seulement là, ça ne passe pas. Toujours pas affolée pour un sou, je prends deux spasfons et attends que le faux travail se stoppe. Aucun changement, je constate même que j'ai un peu plus mal. Je demande donc à mon cheri de me faire couler un bain. Je m'y plonge, il m'amène de quoi vérifier l'espacement des contractions. Moi, je suis toujours convaincue que c'est un faux travail. Je patauge un petit moment, les contractions sont maintenant aux 4-5 minutes, à peine 2h après la toute première et en soufflant tranquillement, la douleur se gère. Je décide de sortir du bain, c'est là que tout bascule et que je suis obligée de constater que ce n'était en rien un faux travail.

A peine sortie du bain, une contraction terrible m'assaille. Celle-là me prend par surprise, pour le coup je ne gère plus rien. Je voulais m'habiller tranquillement, je me jette sur le lit et gémis. Par monosyllabes, je fais comprendre à chéri qu'il peut ajouter ma trousse de toilette aux affaires et charger le tout. Lorsqu'il revient, je n'ai pu mettre que mon pantalon. Les contractions sont intenses et, surtout, très rapprochées, une ou deux minutes je pense. Je prends peur car ce scénario n'est en rien celui d'un accouchement normal de primipare, j'ai peur que quelque chose de terrible soit en train d'arriver. Les contractions se sont rapprochées trop vite pour que je les gère, je suffoque, crie et la douleur me submerge. Chéri m'aide à me hisser à l'arrière de la voiture et on part pour les 40 minutes de route les plus longues de ma vie. Je ne trouve aucune position qui me soulage, je me mets à 4 pattes, suspendue aux poignées au dessus des fenêtres (que j'ai bien cru massacrer car j'y mettais tout mon poids), enfonce ma tête dans les portières. Malgré un corps en déroute, les pensées restent lucides. Je me disais: "finalement tu es bien chochotte, toi qui voulais accoucher sans péri, tu vas la supplier à peine arrivée!" Ou bien "4h de travail et voilà comment tu te retrouves, la honte!". Je n'attendais qu'une chose: arriver à l'hôpital et prier d'être assez dilatée pour la péri.

On arrive enfin et je me sens incapable de sortir de la voiture, chéri me soutient, chaque geste me réclame un effort surhumain, les contractions semblent s'enchaîner sans aucune pause. On me conduit en fauteuil en salle d'examen, monter sur la table relève du supplice. Et là, le verdict tombe "dilatation à 8, et c'est votre premier?!" J'entends la sage-femme demander à cheri depuis quand je contracte, je pense qu'elle hallucine. Moi je comprends surtout une chose: je vais devoir finir sans péri! On me traîne en salle de travail, on me déshabille et enfile la blouse à l'arrache. Nouvel examen, je suis dilatée complète! Je panique, j'espérais qu'on me soulagerait, avoir le temps de voir venir, et tout se fait dans l'urgence totale et je vais devoir finir dans la douleur. Heureusement, chéri reste tres zen, il me brumise le visage (le seul élément du sac prévu qui aura servi), répond aux questions administratives qu'on n'a pas eu le temps de régler et m'encourage comme il le peut. Je suis très vite prise d'un besoin fou de pousser, les étriers même pas installés je pousse, il le faut, je ne maîtrise plus rien. Au monito, posé tant bien que mal, le cœur de ma puce faiblit, le travail est trop violent pour elle aussi. Je n'entends que des bribes de phrases comme "appelle le docteur H (un gynéco)", "je pense qu'il va falloir ventouser". Je suis terrorisée, je refuse que ma fille souffre, alors je me fixe sur le regard de la sage-femme, me concentre comme jamais sur la respiration et les poussées. Elle me perce la poche, je pousse 3-4 fois et ma petite merveille est sur moi! Première contraction à 15h, arrivée à la maternité à 19h, Léna est née a 19h23. La délivrance fut difficile, les contractions étaient si violentes que le placenta a suivi derrière ma fille mais des morceaux de membranes, eux, étaient restés dans l'utérus. Il a fallu m'appuyer violemment sur le ventre, ce qui m'a paru une éternité, je me sentais réellement à bout de forces, épuisée et choquée. Ensuite, étape sympa de la couture de l'épisiotomie qui m'avait été faite sans que je sente quoi que ce soit. Ce fut long, j'en avais vraiment assez et sans péri, on n'a le droit qu'à un semblant d'anesthésie par pchit que même la sage-femme reconnaissait comme assez peu efficace. Pendant ce temps, elle me félicitait pour mon "incroyable tolérance à la douleur", mon "magnifique travail". Moi j'avais le regard fixé sur ma fille, dans les bras de son père. Objectivement, c'était déjà un magnifique nouveau né: toute rose, ni sang ni vernix, la tête bien ronde et de grands yeux bleus qui regardaient déjà partout.

Je ne reviens toujours pas de cette naissance folle, improbable, aussi violente que belle. Nous sortons de la maternité demain, j'ai déjà plein de choses à raconter ici.

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commentaires

mamiele 05/01/2017 19:23

Merveilleux!
Il va falloir changer le nom de ton blog! Maintenant tes bras ne seront plus jamais vides!
Profitez bien!

Charlotte 03/01/2017 22:28

Félicitations ! Les feuilles de framboisiers quel miracle ! Superbe accouchement !

Elodie 06/01/2017 10:17

Moi aussi j'ai bu ça. Déclenché à J+6... Dilatation nickel en une dizaine d'heure et col et périnée très souples, passage idéal selon le sage femme. Ben... césarienne car bébé tourné dans le mauvaise sens. Impossible de le retourner (il se remettait toujours comme ça) et pas d'engagement dans le bassin...

tiph 05/01/2017 21:53

oui, bon je vais contrebalancer ça: j'ai bu cette infusion pour ma deuxième, car pour ma première j'ai été déclenchée de j+3 à j+5, pour finir en césarienne.
alors c'est vrai que pour ma deuxième j'ai finalement accouché sans déclenchement, mais quand même à j+2, et après une vingtaine d'heures de travail!
est-ce que le scénario de ma première se serait déroulé une nouvelle fois sans les tisanes de feuilles de framboisier? mystère!
mais bon, ça n'a pas non plus été mi-ra-cu-leux!

Rose 03/01/2017 22:07

Féliciations!!! Je suis tellement contente pour vous.
Le plus beau reste à venir, profitez de chaque minute. J'ai l'impression que mon accouchement était hier moi aussi, mais mon petit Paul marche depuis quelques jours.
J'ai hâte de lire la suite...

Eva 03/01/2017 20:46

Félicitations et bienvenue à Léna!
Tu vois que tu as pu accoucher sans péri! Tu as vachement bien travaillé à la maison, tu as fais tout ce qu'il fallait, félicitations!!
Maintenant repose-toi tant que tu peux et profite!!! Bon retour à la maison à 3 demain, pouponne, renifle sa bonne odeur de bébé, profite à fond parce qu'elle va grandir beaucoup trop vite!

Deborah 03/01/2017 11:27

C'est avec beaucoup d'emotions que je viens de lire ton article. Ça me rappelle quelque peu mon accouchement aussi cette violence des contractions... Félicitations à toute la famille. Bienvenue à Léna. Et bon courage pour les nuits à venir

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